Les styles d'attachement anxieux et évitant : pourquoi ils s'attirent mutuellement
Onedayte Redactie
Expert chez Onedayte
Vous envoyez un message. Pas de réponse. Au bout de deux heures, vous en envoyez un autre. Au bout de trois heures, vous vérifiez si l'autre personne a été en ligne. Pendant ce temps, votre partenaire est chez lui, soulagé par le silence. Quand vous vous revoyez, l'autre agit comme si de rien n'était. Vous bouillonnez de frustration.
Des millions de personnes reconnaissent ce scénario. C'est le cœur de la dynamique relationnelle anxieux-évitant : deux styles d'attachement qui s'attirent comme des aimants, mais forment ensemble un cycle destructeur qui épuise les deux partenaires. Selon les recherches sur les schémas d'attachement adulte, cette combinaison se produit étonnamment souvent.
Pourquoi ces deux styles se trouvent
Les psychologues Amir Levine et Rachel Heller décrivent dans leur livre Attached comment la personne anxieusement attachée est attirée par l'apparente indépendance de la personne à l'attachement évitant. Cette autonomie est perçue comme de la force, de la stabilité. C'est le contraire de sa propre insécurité, et donc magnétique. Inversement, la personne à l'attachement évitant est attirée par la chaleur et l'ouverture émotionnelle de la personne anxieuse. Quelqu'un qui montre des sentiments auxquels l'évitant n'a pas accès lui-même.
Le problème est que cette attraction est fondée sur des schémas familiers de l'enfance, et non sur une compatibilité saine. Selon les recherches, environ 20 pour cent des adultes ont un attachement anxieux et environ 25 pour cent ont un attachement évitant. Ce sont deux groupes importants qui ne cessent de se retrouver dans le monde des rencontres.
Le cycle poursuivant-distanceur
Une fois que la relation devient sérieuse, le cycle commence. Le partenaire anxieusement attaché recherche la réassurance et la proximité. Plus de messages, plus d'appels, plus de demandes de réassurance. Plus il fait cela, plus la personne à l'attachement évitant se retire. Ce retrait est ressenti par la personne anxieuse comme la confirmation de sa peur la plus profonde : on m'abandonne. Et donc elle poursuit encore plus fort.
Les thérapeutes de couple appellent cela la dynamique poursuivant-distanceur. La personne anxieusement attachée poursuit : confronter, chercher à plaire, analyser. La personne à l'attachement évitant fuit : silence, distance, fermeture émotionnelle. Chaque tour renforce le schéma. Le poursuivant devient plus exigeant. Le distanceur se retire davantage.
Sue Johnson, fondatrice de la Thérapie Focalisée sur les Émotions (TFE), appelle cela le cycle d'interaction négatif. Un insight important de son travail : ce n'est pas un partenaire qui est le problème. C'est la danse entre les deux qui sape la relation. Les deux partenaires sont piégés dans un schéma qui les blesse tous les deux.
"Are you there for me? Can I count on you? Will you respond to me when I need you?"
— Sue Johnson, Hold Me Tight, 2008
Pourquoi cela ressemble au véritable amour
L'intensité de la dynamique push-pull est souvent confondue avec la passion. Après une période de distance vient la retrouvaille, et cette retrouvaille produit un pic de dopamine énorme. Cela ressemble à du soulagement, à un amour renouvelé. Mais c'est ce que les psychologues appellent le renforcement intermittent : le même mécanisme qui entretient l'addiction au jeu. L'imprévisibilité de la récompense est précisément ce qui rend le schéma addictif.
Le véritable amour ne ressemble pas à des montagnes russes. Le véritable amour ressemble à un havre de paix. C'est la distinction qui revient dans pratiquement toutes les études sur les relations saines : la sécurité, et non l'intensité, est le fondement d'un bonheur durable.
Comment briser le schéma ?
La première étape est la reconnaissance. Sachez quel style d'attachement vous avez. Une méthode fiable est l'ECR-R (Experiences in Close Relationships - Revised), développé par le Fraley Lab. Il mesure votre position sur deux dimensions : l'anxiété d'abandon et l'inconfort face à l'intimité.
La deuxième étape est de choisir consciemment. Les recherches de Psyned et la littérature plus large sur l'attachement montrent que les relations les plus stables naissent quand au moins un des deux partenaires a un attachement sécurisant. Choisissez consciemment quelqu'un qui est disponible, réactif et constant. Même si cela semble moins excitant au début que les montagnes russes familières.
La troisième étape est de travailler sur la sécurité acquise. Votre style d'attachement n'est pas gravé dans le marbre. Les recherches longitudinales montrent qu'environ 25 pour cent des personnes changent de style d'attachement au cours de leur vie. Parfois grâce à un partenaire sécurisant, parfois grâce à une thérapie ciblée, parfois grâce à un événement de vie qui apporte de la perspective.
Comment Onedayte prévient cette incompatibilité
Onedayte mesure les scores d'anxiété et d'évitement de chaque utilisateur dans l'Attachment Scan à travers 12 questions de mise en situation. Pas des questions abstraites sur une échelle (« Je me sens mal à l'aise avec l'intimité : 1 à 5 »), mais des situations concrètes qui révèlent le comportement réel. Les paires dont les scores indiquent un risque élevé du piège anxieux-évitant ne sont pas présentées l'une à l'autre, sauf si l'un des deux partenaires montre des signes clairs d'attachement sécurisant.
C'est un choix délibéré et éthique. La recherche est claire : mettre en relation deux personnes qui ont une forte probabilité d'un cycle destructeur n'est dans l'intérêt de personne. Mieux vaut moins de matchs, mais des matchs qui offrent une vraie chance de bonheur.
Sources : Bowlby (1969), Hazan & Shaver (1987), Fraley Lab